Un droit
Selon la convention des droits de l'enfant, l'éducation est un droit garanti par les états, et doit avoir les objectifs suivants [1]:
- Favoriser l'épanouissement de la personnalité de l'enfant et le
développement de ses dons et de ses aptitudes mentales et physiques,
dans toute la mesure de leurs potentialités ;
- Inculquer à l'enfant le respect des droits de l'homme et des
libertés fondamentales, et des principes consacrés dans la Charte des
Nations Unies ;
- Inculquer à l'enfant le respect de ses parents, de son identité, de
sa langue et de ses valeurs culturelles, ainsi que le respect des
valeurs nationales du pays dans lequel il vit, du pays duquel il peut
être originaire et des civilisations différentes de la sienne ;
- Préparer l'enfant à assumer les responsabilités de la vie dans une
société libre, dans un esprit de compréhension, de paix, de tolérance,
d'égalité entre les sexes et d'amitié entre tous les peuples et groupes
ethniques, nationaux et religieux, et avec les personnes d'origine
autochtone ;
- Inculquer à l'enfant le respect du milieu naturel.
Éduquer vient du latin educare,(ex ducere) qui veut dire prendre soin de, et aussi, action de faire croître, d'élever.
Enseigner, c'est transmettre à la future génération un corpus
de connaissances (savoir et savoir-faire) et de valeurs considérées
comme faisant partie d'une culture commune. Il est souvent facile de
confondre enseignement et éducation. En effet, ce dernier terme, beaucoup plus général, correspond à la formation
globale d'un individu, à divers niveaux (au niveau religieux, moral,
social, technique, scientifique, médical, etc.). Le terme enseignement,
de son côté, se réfère plutôt à un mode d'éducation bien précis, soit
celui 'de la transmission de connaissances à l'aide de signes'. « Signes » et « enseignement »
dérivent d'ailleurs de la même racine latine. Ces signes utilisés pour
la transmission de connaissances font, entre autres, référence au
langage parlé et écrit.
Enseigner est donc éduquer, mais éduquer n'est pas forcément enseigner.
L'éducation ne se limite pas à l'instruction stricto sensu
qui serait relative seulement aux purs savoir et savoir-faire (partie
utile à l'élève : savoir se débrouiller dans le contexte social et
technique qui sera le sien).
Elle vise également à assurer à chaque individu le développement de
toutes ses capacités (physiques, intellectuelles et morales). Ainsi,
cette éducation lui permettra d'affronter sa vie personnelle, de la
gérer en étant un citoyen responsable dans la société dans laquelle il
évolue, capable de réfléchir pour pouvoir éventuellement construire une
nouvelle société.
En pratique, tout le monde est d'accord pour considérer que certains
savoirs essentiels font partie du bagage minimum du citoyen, et
qu'inversement il n'est pas d'enseignement possible sans un minimum de pures conventions (comme l'alphabet par exemple) et de capacités relationnelles, dont d'éducation. Instruction et éducation sont souvent confondues.
Au début du XXe siècle, la science de l'éducation désignait la pédagogie. Aujourd'hui, en France, depuis la création en 1967 du département universitaire de Sciences de l'éducation
l'expression s'emploie au pluriel. Les problèmes d'éducation s'étudient
en empruntant à plusieurs disciplines des sciences humaines (sociologie, psychologie, biologie, économie, philosophie de l'éducation, etc.).
Schématiquement, on peut distinguer quatre grands domaines éducatifs : le savoir, le savoir-faire, l'être et le savoir-être.
Le savoir correspond aux connaissances intellectuelles. Les recherches en éducation relatives au savoir ont pour objectif de trouver tous les moyens pédagogiques
permettant aux apprenants d'acquérir au mieux des connaissances :
lecture, écriture, mathématiques, connaissances sur l'Homme et sur
l'environnement écologique, métaconnaissances, ...
Le savoir-faire correspond à des compétences
pratiques, de l'expérience dans l'exercice d'une activité artisanale,
artistique ou intellectuelle. Ces capacités s'acquièrent par la
pratique régulière d'une activité et en partie par l'apprentissage
d'automatismes moteurs. Les recherches en éducation relatives au savoir-faire
ont pour objectif de trouver tous les moyens pédagogiques permettant
aux apprenants d'acquérir au mieux des compétences et des habiletés
pratiques.
L'être correspond à l'état physique et psychique du sujet. Les recherches en éducation relatives à l'être
ont pour objectif de trouver tous les moyens pédagogiques permettant,
dans les situations éducatives, de favoriser voire d'atteindre l'état
physique et psychique optimal : état de santé, de bien-être, de motivation,
de confiance et de satisfaction des besoins psychiques primordiaux
(plaisir, "liberté", reconnaissance, sécurité, justice, authenticité,
intimité, diversité, confort, créativité, affection, ...).
Le savoir-être correspond à la capacité de produire
des actions et des réactions adaptées à l'environnement humain et
écologique. Cette capacité s'acquiert en partie par la connaissance de savoirs spécifiques. Les recherches en éducation relatives au savoir-être
ont pour objectif de trouver tous les moyens pédagogiques permettant
aux apprenants d'acquérir au mieux la maîtrise d'actions et de
réactions adaptées à leur organisme et à leur environnement :
préservation de l'environnement, hygiène, empathie,
contrôle émotionnel, contrôle comportemental, responsabilisation,
actions pro-sociales, coopération, discours autocentré (langage "je"),
gestion des conflits ...
Face aux transformations dans le domaine de la communication et à la
multiplication du savoir, celui-ci devient de plus en plus difficile à
transmettre dans un cadre traditionnel (instruction).
Aujourd'hui il s'agit de développer des compétences clés chez l'élève
qui lui permettront de construire (et non pas créer !) son savoir
lui-même (construction)
à partir des informations qu'il trouve soit dans le cadre de l'école,
soit à l'extérieur (Internet, autres sources de savoir). Par exemple,
il semble plus essentiel qu'un élève soit capable de trouver le nom
d'un département à partir d'une carte ou d'un dictionnaire plutôt qu'il
connaisse par cœur tous les départements sans avoir les moyens de
retrouver cette information, au cas où sa mémoire lui ferait défaut,
par lui-même.
L'éducation est universellement considérée comme un enjeu essentiel,
en tant que véhicule de transmission aux générations ultérieures et en
tant que moyen de défense et de pouvoir des personnes.
Certains considèrent que l'État doit surveiller étroitement
l'éducation délivrée sur leur territoire et la formation des maîtres.
Cependant, John Stuart Mill, dans ses Principes d'économie
politique, (1848, livre V ch XI) défend une position différente : "Il
n'est pas tolérable qu'un gouvernement ait, de jure ou de facto, un
contrôle complet sur l'éducation des gens. Posséder ce contrôle et
surtout l'exercer est le propre d'un comportement despotique. Un
gouvernement qui puisse mouler les opinions et les sentiments des gens
depuis l'enfance jusqu'à la jeunesse peut faire avec eux ce qu'il veut."
De même, au XVIIIe siècle, Condorcet, grand philosophe du Siècle des Lumières, dans son Premier mémoire sur l'instruction publique
(1791), intitulé "l'éducation publique doit se borner à l'instruction",
troisième raison : "Parce qu'une éducation publique deviendrait
contraire à l'indépendance des opinions", affirme :
"la vérité seule peut être la base d'une prospérité durable, et que les lumières
croissant sans cesse ne permettent plus à l'erreur de se flatter d'un
empire éternel, le but de l'éducation ne peut plus être de consacrer
les opinions établies, mais, au contraire, de les soumettre à l'examen libre de générations successives, toujours de plus en plus éclairées".
Cette position est actuellement défendue par Charles Coutel, Doyen de la Faculté de Droit de Douai.
L'économie de l'éducation s'est développée dans les années 1960, pour étudier l'influence de l'éducation sur le développement économique.
La théorie du capital humain présentée en 1964 par Gary Becker,
associé l'éducation à un investissement pour l'individu, pour leurs
employeurs et plus généralement pour la société. Il affirme que les
savoir transmis par l'éducation améliorent directement les performances
des individus. Cet investissement est alors considéré comme avantageux
si les gains de productivités futurs sont plus importants que les coûts
de la formation. Elle peine cependant à expliquer l'attrait de filières
éducatives privilégiant la culture générale par rapport à celle
proposant une formation opérationnelle des individus, à priori plus
mobilisables sur le marché du travail.
Une hypothèse alternative, la théorie du signal, a donc été développée dans les années 1974 par le canadien Michael Spence. On retrouve des idées similaires dans le rôle de filtrage assigné au système éducatif par Kenneth Arrow.
Pour ces auteurs, les diplômes sont une information fourni au
employeurs, moins des connaissances acquises par les candidats durant
leurs études, que des potentiels qu'ils peuvent mobiliser pour
appréhender de nouvelles notions.
Le concept d'éducation non formelle est né du constat que l'école
n'était, et loin s'en faut, pas l'unique lieu d'éducation. C'est ainsi
que la première source d'éducation reste la famille et l'entourage, avec tous les enjeux de « reproduction sociale » que cela implique. En France, Bourdieu et Passeron
ont soutenu que le système scolaire reproduit le système social grâce à
une culture scolaire insuffisante et à une culture libre que les
familles les plus aisées transmettent à leurs enfants pour qu'ils
accèdent en haut de l'échelle sociale.
En outre, à côté de ses missions d'éducation et d'instruction, le
système éducatif est contesté pour opérer, par construction, une
sélection (orientation vers des métiers, ou vers de hautes carrières
administratives) : l'élève reçoit une instruction gratuite, mais il
payerait cette gratuité en étant transformé en un produit
relativement passif du « système (de production) scolaire ». L'école
exige de l'élève qu'il s'intègre à l'institution scolaire, à travers la
maîtrise d'un certain nombre de connaissances de base dont l'ensemble
n'est pas toujours formalisé. D'autre part elle ne peut transmettre
qu'un corpus rationalisé et fait l'impasse sur une grande partie du
fond commun culturel (le « bon sens », les tabous, la communication non verbale, etc.). Enfin, malgré les progrès de la formation continue, elle ne dure qu'un temps relativement bref dans la vie d'un individu.
Pour toutes ces raisons, il apparaît utile à certains d'élargir la
réflexion sur l'éducation, sans la réduire au cadre scolaire. Ainsi,
l'éducation non formelle, qui apporte des compétences spécifiques à
l'individu et que celui-ci ne peut acquérir (Tiehi, 1995) dans le cadre
de l'éducation formelle, est notamment délivrée au sein des
organisations de jeunesse.
Malgré tout cela, l'éducation a permis, historiquement, en France, a
une grande partie des classes défavorisées d'accéder à un statut de
classe moyenne. Pour certains, son orientation actuelle vers une
professionnalisation précoce d'une partie de la jeunesse serait
contradictoire avec sa finalité de culture générale des élèves pour
leur épanouissement dans la société en tant que citoyen. Pour d'autres,
elle peut faciliter au contraire cette intégration dans la vie sociale
et professionnelle, objectif tout aussi essentiel de l'éducation.
Les systèmes éducatifs sont très variables dans l'espace et dans le
temps, l'éducation étant parfois plus adaptée aux exigences
socio-économiques des adultes (besoin de la main d'œuvre enfantine,
travail des adultes et tout particulièrement des femmes, etc.) qu'aux
besoins des enfants. Cependant, on distingue des formules à peu près
généralisées :
- l'éducation se concentre sur les enfants et ne concerne que marginalement les adultes.
- pendant la petite enfance, l'éducation est prise en charge par la
famille, où se fait l'apprentissage de la langue orale et des rudiments
du savoir-vivre nécessaire à la vie sociale.
- pendant l'enfance (à partir d'environ 7 ans jusqu'à la puberté),
prise en charge collective (au moins partiellement), pour
l'apprentissage de rudiments légaux, religieux et culturels (dont,
éventuellement, la langue écrite).
- pendant l'adolescence, spécialisation, par l'apprentissage chez un maître ou (non exclusif) collectivement.
- L'Union européenne s'est engagée depuis 1999 dans le processus de Bologne
qui a pour but de construire un espace européen de l'enseignement
supérieur avant 2010. Il ne s'agit pas de mettre en place un système
universitaire unique mais bien de placer les systèmes nationaux
diversifiés dans un cadre commun.
- Voir aussi les systèmes éducatifs en Allemagne, Belgique, Italie, Suisse
- Le système éducatif japonais est très proche du modèle anglo-saxon. Contrairement à l'Allemagne et dans une moindre mesure à la France,
il n'y a pas d'orientation avant l'entrée en université. Le système
universitaire étant très élitiste, les écoliers travaillent dur depuis
l'école maternelle jusqu'à l'entrée en université. Beaucoup d'écoles
maternelles recrutent même sur concours, les questions étant bien sûr
adaptées à l'âge des enfants (concernant les formes, les couleurs et
des connaissances simples sur la nature). De plus, les cours du soir (juku,
塾) sont presque une règle pour les lycéens. Le lycée ne se termine non
pas par un examen mais par les concours d'entrée en université.
- Autrefois, dans la République populaire de Chine, l'éducation n'était disponible que pour les familles aisées. Cependant, l'accession au pouvoir du Parti communiste chinois en 1949 apporta des décennies de révolution dans le système scolaire. Aujourd'hui, le gouvernement s'oriente vers une éducation primaire universelle et vers la formation de la main d'œuvre.
- Le Système éducatif des États-Unis d'Amérique
est décentralisé, la plupart des décisions sur les programmes et sur le
financement étant prises par des instances locales : les school boards.
Les programmes éducatifs sont en général établis par chaque état. Le
gouvernement fédéral intervient surtout dans le financement de
l’éducation.
Les écoles privées élaborent leur programme librement et dans le
système public, seulement 22 États établissent une liste de manuels
recommandés. Dans la majorité des États, la liberté de choix est
totale. Les assemblées législatives de chaque état fédéré établissent
un socle minimum commun de connaissances dans les programmes. Les
programmes ne sont pas les mêmes d'un état à l'autre. Le secondaire
souffre de carences nombreuses mais l'enseignement supérieur est l'un
des plus réputé du monde.
Éducation au Mexique,
Tableau 1 : Population entre 25 et 34 ans étant parvenue à une formation secondaire : Source : Regards sur l'éducation, rapport annuel de l'OCDE, 2003, cité dans le journal Le Monde, le 13 septembre 2005.
Enseignement secondaire| Rang | Pays |
|---|
| 1 | Corée du Sud | | 2 | Norvège | | 3 | Slovaquie | | 4 | Japon | | 5 | République tchèque | | 6 | Suède | | 7 | Canada | | 8 | Finlande | | 9 | États-Unis | | 10 | Danemark | | 11 | Allemagne | | 12 | Autriche | | 13 | Nouvelle-Zélande | | 14 | Hongrie | | 15 | France |
| | Rang | Pays |
|---|
| 16 | Irlande | | 17 | Belgique | | 18 | Suisse | | 19 | Pays-Bas | | 20 | Australie | | 21 | Grèce | | 22 | Royaume-Uni | | 23 | Luxembourg | | 24 | Islande | | 25 | Italie | | 26 | Espagne | | 27 | Pologne | | 28 | Portugal | | 29 | Turquie | | 30 | Mexique |
|
Tableau n°2 : Taux d'obtention d'un diplôme de l'enseignement
secondaire dans la population en âge typique de l'obtenir : Source : rapport annuel de l'OCDE, Regards sur l'éducation, 2003, cité dans le journal Le Monde, le 13 septembre 2005.
Diplôme du secondaire| Rang | Pays |
|---|
| 1 | Allemagne | | 2 | Grèce | | 3 | Norvège | | 4 | Japon | | 5 | Irlande | | 6 | Suisse | | 7 | République tchèque | | 8 | Hongrie | | 9 | Danemark | | 10 | Pologne | | 11 | Finlande |
| | Rang | Pays |
|---|
| 12 | France | | 13 | Italie | | 14 | Islande | | 15 | Suède | | 16 | États-Unis | | 17 | Luxembourg | | 18 | Espagne | | 19 | Slovaquie | | 20 | Turquie | | 21 | Mexique |
|
Tableau 3 : Taux d'accès à l'enseignement supérieur : Source : rapport annuel de l'OCDE, Regards sur l'éducation, 2003, cité dans le journal Le Monde, le 13 septembre 2005.
Accès à l'enseignement supérieur| Rang | Pays |
|---|
| 1 | Islande | | 2 | Nouvelle-Zélande | | 3 | Suède | | 4 | Finlande | | 5 | Pologne | | 6 | Hongrie | | 7 | Norvège | | 8 | Australie | | 9 | États-Unis | | 10 | Italie | | 11 | Danemark | | 12 | Pays-Bas | | 13 | Corée du Sud |
| | Rang | Pays |
|---|
| 14 | Royaume-Uni | | 15 | Espagne | | 16 | Japon | | 17 | Irlande | | 18 | Slovaquie | | 19 | France | | 20 | Suisse | | 21 | Allemagne | | 22 | Autriche | | 23 | Belgique | | 24 | République tchèque | | 25 | Mexique | | 26 | Turquie |
|
Tableau 4 : Taux d'obtention d'un diplôme d'enseignement supérieur en trois à six ans : Source : rapport annuel de l'OCDE, Regards sur l'éducation, 2003, cité dans le journal Le Monde, le 13 septembre 2005.
Obtention d'un diplôme de l'enseignement supérieur| Rang | Pays |
|---|
| 1 | Australie | | 2 | Finlande | | 3 | Pologne | | 4 | Islande | | 5 | Danemark | | 6 | Royaume-Uni | | 7 | Irlande | | 8 | Norvège | | 9 | Suède | | 10 | Hongrie |
| | Rang | Pays |
|---|
| 11 | Japon | | 12 | Espagne | | 13 | États-Unis | | 14 | Italie | | 15 | France | | 16 | Slovaquie | | 17 | Allemagne | | 18 | Autriche | | 19 | Suisse | | 20 | République tchèque | | 21 | Turquie |
|